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Le travail, la drogue et un bon déjeuner

Avant, je prenais de la drogue. J’en prends toujours. Mais j’en prenais avant, aussi.
Mitch Hedberg

Depuis 1993, le centre européen de surveillance sur les drogues et la toxicomanie (EMCDDA) publie chaque année un rapport sur la consommation de drogue en Europe.

Le rapport de 2008 a informé que la consommation de cocaïne est en hausse, que celles des amphétamines et de l’ecstasy sont légèrement en baisse et que celles de l’héroïne et du cannabis demeurent relativement stables. Bien qu’il semblerait que le monde ait tendance à s’homogènéiser, la consommation de la drogue varie considérablement d’un pays à un autre.

L’EMCDDA a pris en compte 30 pays, couvrant plus de 500 millions de personnes et 26 langues. Il révèle que seulement 10% environ des Européens prennent de la drogue régulièrement, alors pourquoi tant d’histoires? Certes, la drogue constitue probablement un important problème de société, mais le marché global de la drogue qui est évalué à 150 milliards de dollars représente la moitié d’un autre marché Européen, or celui-ci affecte tout le monde de manière quasi-quotidienne.

Le rapport intégral de l’EMCDDA est disponible gratuitement, alors que le rapport relatif à la recherche et les marchés des habitudes des pauses déjeuners en Europe coûte la somme de 3 303 euros, ce qui reflète l’importance du déjeuner et d’un simple sandwich.

Le rapport onéreux informe que le concept du déjeuner traditionnel est en phase de disparition, les Européens sautent en moyenne 24 fois par an ce repas alors que les Américains ont une moyenne impressionnante de 66 repas sautés.

C’est au Royaume-Uni qu’on dépense le moins pour le déjeuner au travail et par habitant, car le sandwich est le repas le plus populaire et les Britanniques en mangent plus de 2 milliards par an. Le sandwich le plus prisé est celui au poulet, suivi de celui au jambon, et finalement de celui au fromage. C’est le marché du sandwich le plus développé en Europe, bien que les sandwichs deviennent de plus en plus populaires dans les autres pays.

Le déjeuner consommé au bureau, constitue la plupart des dépenses et les boissons représentent entre cinq et dix pour cent de ces dépenses. La part de l’alcool varie selon les pays et le rapport affirme qu’il existe une tolérance relativement grande en France, mais que c’est rare au Royaume-Uni. Les Français mangent souvent dans des cafés, alors que les Allemands et les Scandinaves préfèrent les cantines d’entreprises.

En Espagne, le déjeuner étant le repas le plus important de la journée, on y dépense en moyenne 6,40 €, soit le double de ce qu’on dépense au Royaume-Uni. Le rapport révèle que les Italiens rentrent chez eux pour le déjeuner, que les Suédois vont au restaurant et que les Britanniques achètent dans des supermarchés leurs sandwichs qu’ils mangeront à leur bureau. Le rapport prévoit que les ingrédients traditionnels et les plats à base de viande seront moins nombreux dans le futur, car les bagels ainsi que les plats végétariens et biologiques seront en augmentation.

Il a été publié avant que l’Europe ne soit prise dans le chaos économique et que le marché de la pause déjeuner ne change de bien des façons. Il faut oublier ce que les nutritionnistes racontent à propos du déjeuner, car lorsque l’on travaille dans un bureau, le déjeuner représente le repas le plus important de la journée.

Après une dure matinée de travail, l’énergie commence à baisser et les personnes qui travaillent ont besoin d’une pause afin de recharger leurs batteries et de nourriture afin de booster leur énergie. Cela représente également un léger dilemme. Que peut-on manger, qui soit à la fois une récompense, une pause qu’on a hâte d’avoir et qui ne ruine pas?

Adam Piekarski, d’ExecutiveSurf Pologne, dit: « un sandwich au jambon et au fromage avec des tomates, contenu dans un papier antigras, est un repas traditionnel pour les femmes qui déjeunent à leur bureau. Les hommes choisissent de jongler avec de la saucisse sèche, du concombre mariné au vinaigre, et du pain fortement beurré. »

Il ajoute qu’un autre plat favori de ceux qui travaillent est du « kefir », un aliment toujours contenu dans une boite en plastique. Il s’agit d’une sorte de lait caillé, associé à une tranche de pain qui peut être acheté dans les bureaux de poste, les stations de train ou d’essence ou bien auprès de ceux qui vendent des sandwiches. « La plupart des gens mangent leur déjeuner au bureau et le terminent avec du café noir et épais, mais certaines personnes choisissent une option plus onéreuse: un kébab ou bien des sushis. Boire de l’alcool est mal vu. »

Jorg Tappe, un Allemand qui travaille dans le secteur de la publicité à Düsseldorf, dit:
« Les temps ont changé. Quand les gens sortent du bureau, il est probable qu’ils mangent dans une chaine de restauration rapide, ou consomment un belegtes brotchen (un pain fourré) sur le pouce. Les déjeuners ne sont plus aussi relaxants qu’ils l’étaient et qu’ils devraient l’être. »

Il affirme que les travailleurs allemands prennent généralement une heure entière pour le déjeuner et qu’ils ont tendance à ne pas apporter de la nourriture de la maison au bureau, et qu’ils ne sont pas non plus de grands consommateurs d’alcool lors du déjeuner.

Alessandro Tosi, le co-fondateur Italien d’ExecutiveSurf, dit que beaucoup de travailleurs italiens mangent hors du bureau et il ajoute, tout en désapprouvant, que beaucoup de gens choisissent d’avoir un sandwich grillé voire carbonisé. Le pain italien n’étant pas propice à la préparation de bons sandwichs, les paninis sont devenus son alternative. Les Italiens vont peut- être observer, comme pour le cappuccino et le latte, le reste du monde usurper leur invention.

Il affirme que les Italiens consacrent habituellement une heure et demie à leur déjeuner et que beaucoup de commerçants ont constaté une opportunité de proposer des déjeuners, ainsi des crèmeries et d’autres magasins inattendus sont devenus des endroits à la mode.

Boire dans un environnement professionnel, bien que n’étant pas interdit, n’est pas bien perçu. Il se souvient d’une réunion avec deux associés dans un bar. « Ils avaient commandé un jus d’orange et un coca, ce choix de boisson a été immédiatement modifié, avec un certain soulagement, après ma commande d’un gin tonic. »

Alessandro Tosi plaisante en révélant que la coutume par excellence en Italie « exige qu’après le déjeuner, on mette son pyjama et qu’on aille se coucher ». Les Italiens ne consomment pas de déjeuners préparés à domicile et ne souhaiteraient guère finir leur déjeuner sans un café fort afin de les tenir éveillés tout l’après-midi. Au Royaume-Uni, le café sera probablement instantané et accompagné par une barre de chocolat.

Gordon Gekko a dit: « le déjeuner c’est pour les faibles », mais au moins ceux travaillant dans la publicité avaient l’habitude de le considérer avec le respect et la ferveur qu’il méritait. Beaucoup dans le secteur réservaient leur table favorite quotidiennement, et n’annulaient qu’occasionnellement, lorsqu’une réelle urgence surgissait.

Dilip Shukla a raconté: « Nous sommes allés à Bombay Brasserie [un célèbre restaurant indien à Londres] avec CNN une fois et j’ai versé du vin dans deux verres, ce qui a entièrement vidé la bouteille. Les verres étaient si grands que j’ai failli mourir de rire. Il nous a fallu deux heures avant de réaliser que le service offert était un buffet. »

Il dit que les déjeuners alcoolisés sont beaucoup moins répandus aujourd’hui et que manger en travaillant à son bureau est devenu commun. « C’est malheureux de vivre ainsi », précise-t-il.

C’est triste que des gens pensent devoir manger leur déjeuner assis en face de leur ordinateur, avec peu de conversation ou pas du tout, et dans des périodes économiques difficiles, la pause déjeuner deviendra très mal considérée. Il est important d’avoir quelque chose auquel on peut aspirer à midi et certains marchés s’en sortent mieux que d’autres, cependant cela peut être exagéré.

Rod Bailey, PDG d’ExecutiveSurf raconte que lorsqu’il vivait à Madrid il avait trouvé le comportement des Espagnols incroyable. « Tout est fermé pendant au moins deux heures et les gens profitent d’un énorme déjeuner, suivi par une sieste. Puis, ils mangent à nouveau à dix heures du soir avant de sortir toute la nuit. Je n’ai pas pu suivre. »

Un collègue de Prague, raconte que la République Tchèque se situe au milieu de ces deux extrêmes. Les Tchèques sortent du bureau afin de prendre un bol de soupe avec du pain et peut-être une desitka, une bière faiblement alcoolisée.

Quand on travaille, le déjeuner devrait être varié et agréable. Parfois, cela vaut la peine de faire l’effort de sortir avec ses collègues et à d’autres moments, un déjeuner ramené de chez soi à l’ancienne peut constituer la réponse , mais ceci n’est pas du tout tendance, notamment s’il a été préparé par maman.

Essayez de préparer votre propre soupe, des tartes salées ou bien des sandwichs, ou essayez quelque chose d’inhabituel comme une collation. Cependant, souvenez-vous qu’il existe une règle absolue: ne jamais utiliser le four à micro-ondes du bureau sous aucune circonstance, ceci étant comparable à la consommation de quantité importantes de drogue à votre bureau, car passible d’un licenciement.

« Je ne bois jamais de café au déjeuner. ça me garde éveillé tout l’après-midi. »
Ronald Reagan

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