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Des différences de parcours de carrière

La crise que nous connaissons actuellement va-t-elle être une chance pour le monde économique d’accélérer les évolutions dans son recrutement de dirigeants, ou les grandes entreprises vont-elles se renfermer sur elles-mêmes?

Le 13 mars, Les Échos ont publié un court article comparant les parcours professionnels de quelques directeurs financiers allemands, britanniques, et français.

Ce qui en ressort est que tandis qu’outre-Rhin, la voie royale serait par la promotion interne, et qu’au Royaume-Uni, pour devenir CFO, il faut, après avoir passé son diplôme d’expert-comptable, profiter de changements d’entreprise pour gravir les échelons, les directeurs financiers des entreprises du CAC40 ont plutôt un profil de grande école, fonction publique et secteur bancaire.

Peut-on dire alors que nos voisins allemands récompensent la loyauté et le travail, qu’en France ces positions sont réservées à l’élite, et qu’outre-Manche, les entreprises n’ont que peu faire que d’autre chose que des habilités d’un candidat?

Dans un monde où la mondialisation va croissante, et les échanges au sein de l’Union Européenne n’ont jamais été si faciles, on peut s’attendre à une évolution et un rapprochement des pratiques. Ainsi, depuis que l’INSEAD est devenue la première université européenne à offrir un diplôme MBA en 1957, de plus en plus de cadres supérieurs, particulièrement anglo-saxons, ressentent le besoin d’ajouter ces trois lettres après leur nom pour faciliter l’avancement de leur carrière. D’ailleurs, les pourriels offrant des diplômes MBA d’ « universités » dont la seule valeur semble être d’ajouter une ligne à votre CV deviennent quotidiens.

Mais au Royaume-Uni, alors que la crise économique fait rage, et que les banques semblent toutes aussi atteintes les unes que les autres, des questions se posent comment leurs directoires, dont les membres, souvent, n’avaient aucune expérience bancaire, pouvaient comprendre une industrie aussi complexe.

Et en France, la récente controverse autour du parachutage de François Pérol, secrétaire général adjoint de l’Elysée, à la tête de la banque issue de la fusion des Caisses d’épargne et des Banques populaire pourrait être un signe qu’une carrière politique ne donne plus de prérogatives dans le monde des affaires.

Nouvelle espèce?
Peut-on s’attendre alors à ce que dans un avenir proche, les parcours dans les divers pays européens seront interchangeables? Adam Piekarski, directeur d’ExecutiveSurf Pologne prend l’exemple de ce pays pour annoncer l’arrivée sur l’avant-scène d’un nouveau type de cadre dirigeant. Suite à la privatisation post-communiste dans son pays, il a remarqué deux types de cadres dirigeants. D’un côté on trouve les personnes connectés politiquement, sachant faire jouer leur réseau, principalement présents dans les entreprises publiques ou récemment privatisées. Le secteur privé, quant à lui, semble préférer un modèle de recrutement plus anglo-saxon.

Mais alors que d’un côté les groupes se consolident, que les échanges entre les différents acteurs de l’économie augmentent, et plus encore alors que l’économie se contracte, il prédit que le directeur financier du futur, cet hybride que l’on peut déjà apercevoir, a su transcender son profil d’expert-comptable et devenir maître ès politique, sachant utiliser les gens qui l’entourent, et se placer pour la prochaine occasion.

Reste à savoir s’il faudra attendre une prochaine génération de cadres dirigeants, ou si la conjoncture actuelle servira de catalyste. Le public, quant à lui, semble demander des changements.

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